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Célébration de la journée internationale de la biodiversité

Fidèle à sa tradition, Green Connexion s’est joint en Mai dernier à la communauté internationale pour célébrer la journée internationale de la biodiversité.

Le thème choisi cette année est: “Bâtir un avenir commun à toutes les formes de vie”, et tout être humain doit pouvoir s’y retrouver.
Cette année, la célébration s’est faite dans la sobriété et sans faste, le temps de voir venir cet avenir justement de la biodiversité du monde qui nous tracasse.

Multiplication expérimentale d’une essence à fort potentienl de reboisement urbain au cameroun : cas de Alstonia Boonei (Aponynaceae)

Par Aude Jolie TCHOMCHENI.
Le couvert végétal (forêt, savane, steppe etc.) offre des biens et services dont profitent les humains, tels que la procuration de l’ombre, de l’air pur, des remèdes, des fruits etc. Pourtant, l’urbanisation contemporaine effrénée, qui se fait au détriment de la couverture végétale originelle, crée un trou important sur la structure, le fonctionnement et la qualité de ces écosystèmes, entrainant par-là la perte par l’homme ou la diminution drastique de tous les bénéfices écosystémiques sus-mentionnés. Cette perte peut être annulée ou tout au plus atténuée, et c’est pour tenter de minimiser l’impact du déboisement urbain sur l’environnement humain, que nous essayons de trouver une solution acceptable ou tolérable de reboisement thérapeutique urbain. Nous comptons aborder cette problématique par l’expérimentation des essences tolérées telles que Alstonia boonei, Garcinia cola, Picralima nitida, Enantia chloranta etc, ainsi que quelques arbres fruitiers à fort potentiels de séquestration de carbone. Nous présentons donc dans le présent papier l’effort expérimental déjà fourni depuis bientôt une dizaine d’années, sur la multiplication assistée de la première essence sélectionnée qui est Alstonia boonei.

Pépinière d’ALSTONIA BOONEI

Cet effort est passé par les essais de multiplication végétative puis de multiplication générative.

  • Essais de multiplication végétative

Cette méthode consiste à créer à partir d’un fragment de tige une plante semblable à celle dont provient le bourgeon.

Création d’une plante à partir d’un fragment de tige

Le propagateur

Arrosage du propagateur

Elle permet également d’obtenir plusieurs descendants à partir d’un seul individu.

Ensemencement des bourgeons dans le propagateur

Depuis presque dix ans, plusieurs essais de multiplication végétative de l’espèce Alstonia boonei ont étés réalisés. Certains de ces essais ont même été assistés par des spécialistes de l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts (ENEF),mais au final, toutes les tentatives se sont soldées par des échecs. Pourtant, toutes les boutures mises en terre au départ ont germés, mais avec le temps, elles ont fini par dégénérer et périr.

 

  • Essais de multiplication générative (par les graines)

Cette deuxième méthode consiste à produire de jeunes plants à partir des graines.

Après la collecte des graines, 1000 – 2000 d’entre elles ont été semées dans des sachets contenant de la terre fertile.

Graines semées dans des sacs en plastique contenant la terre fertile

Au bout de trois semaines plus de 90% des graines ont germé, suscitant un grand espoir.

Au bout de trois semaines

Le suivi quotidien concerne non seulement l’arrosage des plants, mais aussi la lutte contre les criquets ravageurs. Au bout de trois mois, les plants ont atteint entre 20 – 30 cm de hauteur et ne montrent aucun signe de souffrance.

Les graines d’ALSTONIA BOONEI au bout de trois mois

Nous pouvons conclure que la méthode la plus adéquate pour la multiplication de l’espèce Alstonia boonei est la multiplication générative.

De ce phénomène des bouches d’égouts qui débordent à ciel ouvert dans la capitale Yaoundé

La problématique d’un environnement sain se pose avec acuité dans la ville de Yaoundé. Au lendemain de la coupe d’Afrique des nations, la capitale du Cameroun traverse à nouveau une crise sanitaire jamais égalée auparavant. C’est fort de ce constat que GREEN CONNEXION

L’équipe de Green Connexion

dans sa lutte quotidienne pour la préservation de l’environnement et de la biodiversité, a parcouru 05 quartiers de la ville de Yaoundé à savoir le camp sic Mendong, le camp sic Nlongkak, le camp sic Biyemassi , le camp sic cité verte et enfin le camp sic Acacias pour observer l’état et le comportement des égouts dans ces grandes cités.

Il ressort de cet inventaire qu’à part le Camp SIC de la Cité verte, les eaux purulentes débordent des bouches d’égouts placées sur la chaussée dans presque toutes ces cités.

Bouche d’égout défectueux en plein cœur de la chaussée au camp sic Accacia

Leurs bouches d’égouts donc déversent eau, déchets et surtout une odeur insupportable sur la voie publique. Lesdites eaux et ordures sont à leur tour trainées sur plus de 300m par les véhicules.

Eaux et déchets des égouts traînés sur la chaussée par les véhicules à Nlongkak

Au Camp SIC Mendong et Nlongkak, l’on retrouve des eaux stagnantes presque partout dans les couloirs et les caniveaux près des habitations.

Caniveau bouché par les ordures

Les égouts bouchés par les sédiments laissent les eaux usées ruisseler dans toutes les allées.

Égout défectueux près d’un domicile

Ici, les populations côtoient leurs propres déchets et, les émanations qui avaient momentanément disparues ont refait surface depuis peu, à la faveur de l’arrivée de la saison pluvieuse.

Dépôt de déchets ménagers près d’une fosse septique défectueuse

L’eutrophisation et le comblement élevé des zones humides dans les bas-fonds de ces quartiers sont des conséquences perceptibles de la situation précédente.

Pour des raisons diverses mais surtout à cause de la pauvreté, les populations dépendent des puits pour leurs besoins en eau. Elles utilisent également les latrines à fond perdu (« vise-trou »). Le système de tout à l’égout étant inexistant, toutes ces causes vont obligatoirement aboutir à la pollution des eaux urbaines souterraines et artificielles, ce qui aboutira à la dégradation générale de la santé publique. Cela explique le taux croissant des maladies diarrhéiques à Yaoundé.

GREEN CONNEXION exige des autorités de la ville de Yaoundé des opérations de vidange régulières des fosses septiques dans les grandes cités, ainsi que l’entretien sans délais des égouts défectueux.

Nous exigeons également la Création et la gestion en plein temps des stations d’épuration pour une meilleure gestion des eaux usées dans la ville.

GREEN CONNEXION célèbre la journée mondiale de l’environnement

 

le vendredi 10 juin 2022, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement qui se célèbre tous les 05 juin GREEN CONNEXION et 12 autres organisations ayant une vision commune (la protection de l’environnement) ont participé à une rencontre d’échange organisée par le consortium J2D Afrique , CAMFASS, APED,AVED et WATER FOR LIFE.

L’événement s’est tenu au siège de J2D Afrique à Yaoundé et a regroupé en plus des associations sus citées , des membres de la société civile.

Les discussions étaient centrées sur le thème retenu pour l’année 2022 à savoir UNE SEULE TERRE” . Au cours des discussions , les organisations du consortium ont présenté tour à tour  les activités qu’elles mènent au quotidien pour la sauvegarde de la nature.

Au regard de ce qui précède, GREEN CONNEXION  a présenté  les activités qui ont meublées le premier semestre de l’année 2022 ainsi que  celles à mener au cours du second semestre.

Un forum a été créé à cet effet afin de poursuivre les discussions et échanger les idées.

La célébration de la journée mondiale de l’environnement

𝗚𝗿𝗲𝗲𝗻 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗲𝘅𝗶𝗼𝗻 annonce sa participation à l’évènement organisé par le 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐨𝐫𝐭𝐢𝐮𝐦 𝐉𝟐𝐃 𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐂𝐀𝐌𝐅𝐀𝐒𝐒, 𝐀𝐕𝐄𝐕, 𝐀𝐏𝐄𝐃 𝐞𝐭 𝐖𝐚𝐭𝐞𝐫 𝐟𝐨𝐫 𝐥𝐢𝐟𝐞 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐨𝐧 à l’occasion de la journée internationale de l’environnement sous le thème 🆄🅽🅴 🆂🅴🆄🅻🅴 🆃🅴🆁🆁🅴 demain 10 Juin 2022.

Journée Mondiale de la Biodiversité 2019

Le Groupe Environnemental Green Connexion célébrera la Journée Internationale de la Biodiversité le 1er Juin 2019 (un peu en différé puisque la date consacrée est le 22 Mai). Green Connexion s’est mis main dans la main avec l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Mbalmayo, pour concélébrer l’événement afin de lui donner plus d’éclat.
Le programme prévoit des visites guidées, des présentations et une sortie de terrain dans la forêt expérimentale de l’Ecole.

Rapport d’Activités de Janvier à Décembre 2018 de GREEN CONNEXION

I. Présentation sommaire de Green Connexion

Green Connexion (GC) est un groupe environnemental, travaillant pour la conservation de la biodiversité et la protection de l’environnement. Pour la conservation de la biodiversité, sa stratégie est essentiellement calquée sur la Stratégie Globale pour la Conservation de la CDB (Convention sur la Diversité Biologique) ainsi que la Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la biodiversité (NBSAP) au Cameroun. Pour la protection de l’environnement, GC respecte la loi Camerounaise N°96/12 du 05 Août 1996, loi-cadre sur la gestion environnementale, Titre III, Chapitre V sur la gestion des ressources naturelles et la conservation de la diversité biologique, Article 62.

  1. Les actions de Green Connexion en 2018.

Au cours de l’exercice 2018, Green Connexion a conduit plusieurs actions, et donc les plus importantes sont les suivantes:

  • Participation comme partenaire au projet national intitulé « Développer un système accessible d’information sur la biodiversité pour un développement durable au Cameroun ».
  • Poursuite de la stratégie Ledermanniella dans le cadre du projet Nachtigal.
  • Préparation et participation à la célébration de la Journée Internationale de la Biodiversité ;
  • Préparation et participation à la COP 14 sur la biodiversité en Egypte.

II.1. Projet « Développer un système accessible d’information sur la biodiversité pour un développement durable au Cameroun ».

Ce projet inclut trois acteurs institutionnels majeurs : UICN, Green Connexion et le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED). Il a trois objectifs principaux qui sont : 1) Etablir et renforcer les installations nationales d’information sur la biodiversité, avec pour attente l’augmentation de la capacité nationale à la gestion de l’information liée à la biodiversité au Cameroun 2) Augmenter le volume de données disponibles sur la biodiversité, pendant et après la période de la bourse, avec pour attente l’établissement des facilités nationales d’information sur la biodiversité, incluant la mise en place des infrastructures et des comités de gestion de l’information au Cameroun et 3) Publier les données sur la biodiversité pour répondre aux priorités nationales.

II.1.1. Rôle de Green Connexion dans le projet

De manière générale, Green Connexion était chargé de mettre en œuvre le volet « mobilisation et numérisation des données » sur la biodiversité floristique en nombre et qualité ; plus spécifiquement :

  • Mettre à la disposition du projet les données sur les plantes aquatiques d’eau douces contenues dans sa base de données ;
  • Etablir une cartographie thématique de potentiels détenteurs de données sur les espèces identifiées dans le projet (fruits comestibles; plantes aquatiques d’eau douce; plantes en danger et menacées d’extinction; plantes médicinales ; rotin et raphias) ;
  • Sensibiliser et mettre en place des protocoles d’accord pour la mise à disposition de ces données par leurs détenteurs ;
  • Appuyer et faciliter la mise en place du réseau de détenteurs des données ;
  • Prendre part aux activités de renforcement des capacités sur l’utilisation des outils du GBIF ;
  • Traiter, numériser et publier les collections de données à partir de l’IPT du GBIF
  • Produire des rapports (techniques et financiers) périodiques sur les missions ci-dessus énumérées ;
  • Eventuellement appuyer la coordination et le suivi du projet en cas de besoin.

II.1.2. Mise en œuvre du volet mobilisation des données.

Les principaux membres de Green Connexion chargés de ce travail étaient le Coordonnateur, un Chercheur assistant et un Informaticien. Ils ont au préalable procédé à un apprentissage du langage Darwin Core (qui  est un ensemble de standards pour le partage des données de biodiversité, développé par le groupe international Biodiversity Information Standards (TDWG) et qui permet aux propriétaires des données de publier leurs informations dans un format (e.g. archives Darwin Core) qui pourra être compris et utilisé par tous). Par la suite, ils ont procédé à la mobilisation et la numérisation des données systématiques et géographiques sur les fruits forestiers comestibles du Cameroun ; quelques plantes aquatiques d’eau douce du Cameroun; les données récentes sur les plantes endémiques et menacées d’extinction; les données sur plantes médicinales et enfin les données sur les rotins et les raphias du Cameroun. Pour chaque catégorie de données, une check liste était confectionnée ainsi que des données d’occurrences.

La mobilisation des données reposait sur la collecte d’information issue des articles et documents publiés en ligne. Quelque fois, elle reposait aussi sur la consultation des échantillons d’herbier. Le tableau ci-dessous présente les statistiques sur le nombre de données traitées et publiées sur l’interface GBIF du Cameroun.

Tableau. Statistique sur les données numérisées

Type de plantes  Catégorie Check list Occurrence
1 Fruits sauvages comestibles 253 976
2 Plantes aquatiques d’eau douce 70 224
3 plantes en danger et menacées d’extinction 27 109
4 Plantes médicinales Antidiabétiques 4 31
Antihypertenseurs 5 53
Anti-malaria 19 205
Anti-typhoïdique 5 35
5 Rotins & Raphias 29 69

Par la suite, l’équipe de Green connexion a été invitée à prendre part à l’atelier de renforcement des capacités et de mobilisation des institutions détentrices des données sur la biodiversité tenue à Douala du 05-07 Décembre 2018. Cet atelier avait pour objectif de renforcer les capacités des contributeurs sur l’utilisation de l’Interface du Système d’Information sur la biodiversité (SIB) et de formuler des recommandations sur le type et la qualité des données devant être publiée. Au cours de cet atelier, Green Connexion a fait une présentation sur son implication dans le projet et les statistiques de données mobilisées, numérisées et publiées. Green Connexion a également fait une présentation sur l’étude de cas pratique sur la contribution à la liste rouge de l’UICN. Cette présentation a ressorti la nécessité de donner un statut de conservation pour une espèce et présenter les différentes étapes donnant lieu à l’attribution du statut de conservation.

  1. 2. Poursuite de la stratégie Ledermanniella dans le cadre du projet Nachtigal.

II.2.1. Objectifs applicables à Green Connexion

Ce projet avait pour objectif selon les TDr de poursuivre les prospections de deux espèces de Ledermaniella à savoir L. sanagaensis et L. thalloïdea, et de collecter le matériel génétique à maintenir dans une banque de graines.

Les zones à prospecter incluaient : le fleuve Sanaga et ses principaux affluents en amont des chutes de Nachtigal, le fleuve Mbam vers Bafia à plusieurs endroits considérés propices à leur installation, et enfin les rivières Mpem et Djim dans le Parc National du Mpem et Djim.

Plus spécifiquement, il était question, pendant une période de 12 mois de :

  • Mettre à jour la cartographie des espèces suscitées dans les zones impactées par le projet ;
  • Poursuivre la prospection de ces espèces et d’autres espèces associées retrouvées dans les fleuves prospectés,
  • De relever les caractéristiques botaniques et reproductives de ces espèces ;
  • De quantifier les conditions hydrauliques et les caractéristiques de l’habitat ou ces espèces seraient rencontrées et enfin ;
  • De sauvegarder le matériel génétique des deux espèces de Ledermaniella concernées dans une banque de semence à l’Herbier National ainsi qu’au conservatoire Botanique de Brest.

II.2.2. La mise en œuvre

II.2.2.1. La prospection botanique et la mise à jour cartographique

Tous les cours d’eau ciblés pour des inventaires poussés en 2018 ont été visités. Il s’agit de la Sanaga et ses affluents, du Mbam, du Mpem et du Djim. Globalement 21 stations ont été visitées parmi lesquelles 8 nouvelles, qui n’avaient pas été visitées lors des campagnes précédentes. Sur le Mbam, il s’agit de Biamo, Nchiaya, Nchiaya bac et de Bayomen ; sur le Djim il s’agit de Mekobim et Kampom ; enfin sur le Mpem il s’agit de Mbom 1 et Mbom 2.

La plupart des stations visitées sur le Mbam en amont du point 4,78˚-11,29˚ ne montrent aucune trace de Podostemaceae. En dehors de celles-ci, les autres points visités sur les différents fleuves présentent des espèces de plantes aquatiques en général et des Podostemaceae en particulier. Dans l’ensemble, 29 collectes ont été effectuées pour un total de 14 taxons : Ledermanniella sanagaensis, Inversodicraea boumiensis, Ledermanniella linearifolia, Ledermanniella pusilla, Ledermanniella bifurcata, Ledermanniella sp., Ledermanniella sp. nov., Letestuella tisserantii, Tristicha trifaria, Dicraeanthus africanus, Dicraeanthus zehnderi, Leiothylax quangensis, Marsdenia abyssinica et Pistia stratiotes. Depuis l’exercice 2016, une nouvelle espèce (probablement un nouveau genre) avait été découverte sur le Mbam (Ledermanniella sp. nov. ci-dessus). Cette espèce a également été retrouvée en 2018.

Pour ce qui est des espèces cibles que sont Ledermanniella sanagaensis et L. thalloidea, la première a été retrouvée sur le Mbam en 2018 à Enangana ainsi que sur la Sanaga à Nachtigal. Ces deux points sur ces deux cours d’eau avaient déjà été répertoriés lors des campagnes précédentes, et aucune nouvelle population de cette espèce n’a été découverte. Depuis la mise en eau du barrage de Lom Pangar, malgré tous les efforts de prospection fournis, L. thalloidea n’a plus été retrouvée ni sur la Sanaga ni ailleurs lors des différentes prospections.

Les capsules sèches de Ledermanniella sanagaensis ont été récoltées sur le Mbam. Ce matériel a été traité à l’Herbier National du Cameroun, et une partie de ces graines a été transférée au Conservatoire et Jardins Botaniques de la ville de Brest (France).

Equipe de Green Connexion dans la forêt aux alentours de Mankim. 20 Mars 2018.

II.2.2.2. Les analyses des paramètres biologiques et physico-chimiques

II.2.2.2.1. Paramètres biologiques et écologiques

Quoique les Ledermanniella linearifolia aient une taille plus importante que celle des Ledermanniella sanagaensis (1 cm contre 0,5 cm), ils possèdent une densité beaucoup plus importante à l’état stérile (environ 180000 individus/m2 contre un maximum de 25000 individus/m2 comptés en 2015). Il est possible que cette densité soit moins importante en saison sèche quand le niveau de l’eau baisse et que la plante fleurit.

Dans l’ensemble les deux espèces partagent une écologie identique : Distance par rapport à la rive (souvent moins de 10 m), profondeur par rapport au fond et à la roche faible, même roche de fixation (le gneiss), facies d’écoulement rapide etc.

II.2.2.2.2. Paramètres phyisico-chimiques

L’objectif de cette rubrique était de déterminer les paramètres physico-chimiques des eaux dans lesquelles le genre Ledermaniella se développe sur le fleuve Mbam et Sanaga respectivement dans les villes de Bafia et Obala. Différents paramètres ont été identifiés comme jouant un rôle important dans la croissance de ces espèces. Parmi ces facteurs, nous pouvons citer, l’effet du climat (saison sèche/pluie) et les variables environnementales que sont particulièrement la turbidité, la conductivité, l’oxygène dissous et la température.

Le genre Ledermaniella est une plante benthique submergée de la famille des Podostemaceae et joue un rôle important dans l’écologie des rivières tropicales. Les différents attributs des Podostemaceae que sont la production primaire contribuant au carbone autochtone, la source de nourriture importante pour les herbivores aquatiques (Gessner & Hammer 1962), leur contribution dans l’absorption et la libération des nutriments ainsi que leur participation comme substrats pour divers assemblages de la flore microscopique épiphyte ainsi que pour l’habitat faunique, font que les habitats des espèces de cette famille méritent d’être conservées et protégées. C’est la raison pour laquelle les eaux des fleuves Mbam et Sanaga ont été échantillonnées au cours de l’année 2018 pendant les mois d’Avril, Août, Septembre et Octobre.

Séance de prise de mesures des paramètres physico-chimiques sur le fleuve Mbam. 14 Septembre 2018.

Equipe de Green Connexion sur le bord du fleuve Sanaga. 17 Mars 2018.

II.2.2.2.3. Etudes hydro-biologiques

Ce travail préliminaire qui visait à caractériser les groupes d’algues colonisant les milieux riches en Podostemaceae ainsi que ceux en relation avec les racines de ces plantes a révélé que les échantillons collectés au niveau des racines des Podostemaceae abritent une flore algale plus diversifiée, essentiellement représentée par les Cyanobactéries, les Chlorophytes et les Dinophytes. La diversité des diatomées a également présenté des valeurs élevées au niveau des échantillons collectés dans les racines des Podostemaceae. Sous réserve d’autres analyses sur les échantillons collectés en périodes des basses eaux, ces résultats laissent penser qu’il existerait une certaine relation ou symbiose entre les algues et les racines des Podostemaceae.

3. Préparation et célébration de la journée internationale de la biodiversité

La Journée Internationale de la Biodiversité se tient le 22 Mai chaque année.  Le thème de la célébration cette année était intitulé « Célébration de 25 ans d’action pour la biodiversité ». Green Connexion a mis un accent particulier dans les préparatifs de cette journée, qu’il a ensuite célébré, de concert avec la terre toute entière et dans un faste digne des grands évènements. Green Connexion, composé d’une Cinquantaine de ses membres, a rendu des visites de courtoisie, d’abord au CIFOR (Centre for International Forestry Research), puis à WWF (World Wildlife Fund). Il était ainsi question de partager avec ces organisations leurs expériences sur la biodiversité et discuter de l’avenir du monde.

Green Connexion a par la suite participé, en collaboration avec l’IUCN, a une exposition qui s’est tenue à l’esplanade du MINEPDED-Cameroun (Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature) pendant deux jours (du 23 au 24 Mai 2018).

Green Connexion et la célébration de la journée internationale de la biodiversité 2018 à WWF (22 mai 2018)

Equipe conjointe UICN-Green Connexion posant devant le stand commun (23 Mai 2018).

4.      Préparation et participation à la COP 14

Green Connexion a eu l’insigne honneur cette année, d’être invité à participer à la COP 14 (Quatorzième conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique (CDB)), organisée à Sharm El Sheikh (Egypte) du 17 – 29 Novembre 2018. Le thème de la COP 14 était « Investir dans la biodiversité pour les hommes et la planète ». En sa qualité d’observateur, si Green Connexion ne pouvait participer aux décisions (prendre part aux votes), il pouvait assister aux séances, participer à des débats et, sur ce chapitre, sa longue expérience dans le domaine de la conservation de la biodiversité a compté. En invitant Green Connexion ainsi que beaucoup d’autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) à travers le monde, les Nations Unies ont misé sur toutes leurs ressources en matière de crédibilité, afin que cela apporte une plus-value à cet évènement planétaire qu’est la COP 14.

Badge de participation de Dr Jean-Paul GHOGUE, Coordonnateur de Green Connexion à la COP 14.

Dr Cristiana Paşca PALMER, Secrétaire Général de la CDB et Dr Jean-Paul GHOGUE, Coordonnateur de Green Connexion à la COP 14 (Sharm El Sheikh, Egypt, Novembre 2018).

Green Connexion, observateur de la COP 14

En guise de rapport.

Drapeaux des pays signataires de la CDB flottant sur Sharm El Sheikh. 26 novembre 2018. Photo@greenconnexion 2018.

Le sommet de l’universalité

Ce jeudi 29 Novembre 2018 s’achèvera à Sharm El Sheikh en Egypte, la quatorzième conférence des

Parties sur la biodiversité (COP 14). Le thème de la conférence cette année était « Investir dans la biodiversité pour les hommes et la planète ». Conférence des Parties ? Oui, mais pas que. Les près de 3000 participants à la conférence cette année, venus de tout le monde entier, sont constitués des parties (à ce jour 168 signataires de la convention sur la diversité biologique et 196 parties), des observateurs, des représentants des OIG, des ONG, des scientifiques de renom, des personnalités de la société civile, des personnalités publiques, des politiques, des journalistes etc.

La biodiversité est au centre de la rencontre, mais n’empêche, la conférence des parties est un bon prétexte qui permet de regrouper pendant deux semaines tous les peuples du monde à un même endroit de la terre, afin de leur donner la possibilité de travailler ensemble sur la faisabilité d’un objectif commun. La Convention sur la Diversité Biologique  (CDB), à cause de son caractère essentiel et existentiel pour l’homme, est l’une des plus grandes initiatives des nations unies ces 25 dernières années. Par-delà son objectif qui en définitive est la protection, la conservation et même la restauration de la biodiversité, le sommet de Sharm El Sheikh se présente finalement comme un sommet célébrant l’universalité.

Emblême de la ville de Sharm El Sheikh. Photo@greenconnexion, novembre 2018

Une préparation minutieuse

Quand le président Egyptien Abdel Fattah al-Sissi vient inaugurer le lancement des activités de la COP 14 ce 17 novembre 2018, l’observateur que nous sommes a l’impression, fondée ou non, que son pays prépare ce moment depuis une dizaine d’années, tant les préparatifs paraissent avoir été réglés dans les moindres détails :

– La ville de la conférence

L’Egypte choisit la ville de la conférence bien à dessein. En effet, à côté de sa position stratégique puisque nichée entre le désert de la péninsule du Sinaï et la mer Rouge, Sharm el-Cheikh est une ville balnéaire. Elle est réputée pour ses plages de sable à l’abri des regards, ses eaux claires et ses récifs de corail. C’est une ville fortement touristique où beaucoup de formations hôtelières arborent jusqu’à 700 chambres.

Localisation de la ville de Sharm El Sheikh (bulle rouge), ouverte sur la mer rouge.

– Un cadre approprié

Ouvert en début 2006, le Centre international de Congrès de Jolie Ville à Sharm El Sheikh est construit pour accueillir les grandes réunions internationales et c’est bien à propos qu’y est organisée la COP 14. Ce centre  est remarquable pour ses installations, notamment un « Summit Room » d’une superficie de 2200 mètres carrés, Plus de 11 salles de réunion d’une superficie allant de 140 à 800 mètres carrés, 6 salles de réunion VIP d’une superficie de 55 mètres carrés, des cabines d’interprétation, des Installations audiovisuelles modernes et un système d’éclairage avancé. L’entrée est de 240 m2 et est équipée d’une zone d’enregistrement. C’est dans ce centre que se sont tenues les autres réunions internationales telles que le Forum économique mondial et le Forum international de la jeunesse.

– Une sécurité à la hauteur de l’évènement

La sécurité de la COP 14 est ostensible ou discrète, omniprésente, et même choquante. A côté de plus d’une centaine de casques bleus armés et en uniformes des nations unies, policiers en civils tirés à quatre épingles ou en uniformes, mais toujours armés, tireurs d’élites encagoulés, assurent une sécurité sans complaisance. La réalité c’est qu’on ne reçoit pas plus de 196 délégations venues de pratiquement tous les cinq continents comme qui recevrait son voisin lors d’une visite de courtoisie. De plus, de grandes personnalités politiques égyptiennes sont venues à la réunion de la COP 14, en l’occurrence le président de la République Egyptienne ainsi que le gouverneur du Sud Sinai, choses qui elles seules pouvaient justifier d’un effort de sécurité plus important. Toutefois, on est à Sharm El Sheikh, et on a encore frais dans la mémoire cette fameuse nuit du 22 – 23 juillet 2005, jour de la fête nationale égyptienne, où une série de sept explosions presque simultanées font 88 morts et plus de 200 blessés. Plutôt que d’être critiqué, bien réfléchi, face à la même situation, cet exemple mériterait plutôt d’être copié.

Entrée principale du Centre International de Congrès de Jolie Ville (Sharm El Sheikh, Egypte). Photo@greenconnexion, 11-2018.

– Un effort louable

Il n’y a pas d’organisation parfaite. Toutefois, nous pouvons affirmer que l’effort de l’Egypte dans l’organisation de la COP 14 peut être apprécié à sa juste valeur. Quoique côtière, Sharm El Sheikh n’est pas une ville particulièrement humide, et même que les dunes de sables visibles et des dômes latéritiques dénudés s’étendent à l’infini. Pourtant, un étranger peut facilement apprécier les efforts humains qui ont été fournis récemment pour rendre la ville plus accueillante.

Par organisation, nous faisons référence à l’introduction des invitations à temps, à la facilitation diplomatique de l’obtention des visas, à l’organisation des voyages et des hébergements, à l’accueil des participants, au transport etc. On note aussi un effort très important dans la communication sociale. En effet, toutes les rues de Sharm El Sheikh ainsi que le moindre recoin du Centre International du Congrès de Jolie Ville sont pavoisés aux enseignes de la COP 14. Les plénières et les évènements parallèles sont organisés avec soin.

Une plénière de la COP 14 dans le Summit Room. Photo@greenconnexion, novembre 2018.

La conférence proprement dite

Les trente points inscrits à l’ordre du jour ont été exécutés. Parmi ceux confiés à des groupes de travail, beaucoup ont déjà été discuté en plénière, corrigés, puis adoptés. Les différents rapports produits à l’issue de ces traitements sont en ligne à https://www.cbd.int/conferences/2018/cop-14/documents . A l’heure où nous bouclons ce papier, certains points sont toujours en discussion en plénière, mais comme cela a souvent été le cas lors de cette conférence, le consensus sera toujours trouvé et les résolutions finales adoptées.

Il n’y a pas d’œuvre parfaite

La COP 14 a tenu toute la promesse des fleurs. Cependant, quelques zones d’ombre nécessitent d’être relevées afin que cela aide à améliorer le futur.

– Un secret à fleur de peau

Peut-être était-ce pour des raisons de sécurité évoquées plus haut ? La vérité est que personne ne sait dans quelle salle se tiendra le congrès de Sharm El Sheikh avant le jour du congrès lui-même, et le programme communiqué à l’avance est tout simplement indicatif.

Rue pavoisée aux annonces de la COP 14. Photo@Greenconnexion, novembre 2018.

Quelques autobus alloués au transport des délégués à la COP 14. Photo@greenconnexion. Novembre 2018.

Le drapeau Egyptien flottant fièrement sur Sharm El Sheikh. Photo@greenconnexion,novembre 2018.

 

Ce papier est rédigé depuis Sharm El Sheikh par Dr. GHOGUE Jean-Paul, coordonnateur Green Connexion. 27 Novembre 2018.